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Polémique sur l’instauration d’une 2ème journée de Solidarité

L’ancien ministre de la Santé et des Solidarités, Philippe Bas, propose une seconde journée de solidarité pour financer l’instauration du « cinquième risque » lié à la dépendance. Constats et réactions.

Polémique sur l’instauration d’une 2ème journée de Solidarité - Source de l'image : http://www.senioractu.com Pourquoi instaurer une 2ème Journée de la Solidarité ?

Alors que la création de la 1ère journée de solidarité avait soulevé bien des remous en 2004, au point qu’elle fait encore parler d’elle, voici que l’ancien ministre de la Santé et des Solidarités, Philippe Bas, plaide pour l’instauration d’un second jour férié travaillé. L’objectif ? Financer la prise en charge de la dépendance des personnes âgées qui s’élève chaque année à presque 20 milliards d’euros ! Rappelons que la Journée de la Solidarité a déjà rapporté depuis sa création quelques 10 milliards d’euros en 5 ans, ce qui n’est donc « pas suffisant ». De plus, l’ancien ministre précise : « Les prix [des maisons de retraite] n’ont cessé d’augmenter et avoisinent désormais 1.800 euros par mois. Avec une retraite moyenne de 1.200 euros, les personnes âgées ne peuvent suivre sans que toutes leurs économies y passent. Beaucoup sont contraintes à faire appel à leurs enfants ou à l’aide sociale. Le devoir de notre société est de leur épargner cette ultime souffrance morale du grand âge »…

La solidarité, oui, mais pas pour tous

En effet, selon Philippe Bas, il s’agirait d’instaurer une seconde journée de la solidarité pour les salariés du « pays des 35 heures » seulement, car les autres – artisans, commerçants, agriculteurs et professionnels libéraux -  « travaillent déjà plus de 50 heures par semaine ». Solidarité, oui, mais pas pour tous… Selon lui, « il vaut mieux financer la solidarité par le travail, qui enrichit la France, que par l’impôt, qui l’appauvrit». Donc, ne pas augmenter la CSG, ni recourir à un nouvel impôt, ni créer une TVA sociale. Et de poursuivre : « Saurons-nous surmonter nos égoïsmes pour donner à nos anciens et aux personnes handicapées un peu de ce temps libre dont nous disposons à profusion ? » (cf. vacances et RTT). Les réactions ne se sont pas faites attendre !

« Ce n’est pas une bonne chose »

Comme Marisol Touraine, secrétaire nationale du PS en charge de la santé et de la Sécurité sociale, nombreux sont ceux qui s’opposent à l’instauration d’une seconde journée de solidarité. Ce n’est pas l’objectif qui dérange, mais plutôt la méthode… « Il est préoccupant que la solidarité ne concerne que les gens qui travaillent. L’assurance maladie est bien financée par tout le monde » ! D’autant plus en période de crise, où les temps sont durs… D’autre part, la grande interrogation concerne l’utilisation des fonds déjà récoltés, le Synerpa (principal syndicat des maisons de retraite) ayant indiqué que l’argent n’allait pas là où il devait aller… Le public s’interroge. Et de conclure : « Qu’il faille faire appel à la solidarité collective, oui, c’est évident. Mais qu’il faille reproduire la journée de solidarité, restreinte dans son périmètre et limitée dans ses résultats, ne me paraît pas une bonne chose ».



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